Live Reports

Les 5 jours de folie du Dour Festival

© Andra Cerqueira

Pas d’exception cette année, comme les précédentes éditions on est repartis tout chamboulés et heureux de la plaine de la machine à feu ; la bouche sèche mais ravis par ce savant mélange de lives d’anthologies, de découvertes prometteuses, de rencontres improbables, de rires, courbatures et autres gueules de bois. Retour sur 5 jours forts en émotions.

Cette fois-ci encore la scène extérieure pensée par Redbull avait de quoi nous surprendre. Alternant chaque journée entre techno et drum&bass, l’immense antre à la capacité de 10 000 personnes était cette fois-ci entourée d’écrans LED pour une immersion musicale totale. C’est avec une grande joie qu’on s’y est placé le jeudi pour le début d’Andy C. Malheureusement, le patron de Ram Records nous a habitués a mieux sur son set, et s’est contenté ici de reprendre ses titres à succès, mélangeant ainsi tous les genres de drum&bass pour nous offrir un ensemble peu cohérent. Heureusement ses compères du samedi ont assuré, avec Friction qui a proposé un set teinté de jungle à ravir. Il précédait les gars de Modestep, qui portaient la flamme du dubstep sur Dour, et les Autrichiens Camo & Krooked qui ont conclu la soirée avec une drum&bass fine et mélodique, profitant du magnifique système son qu’offrait la scène.

© Brice Delamarche

Du rap en abondance

Avec une programmation de plus en plus riche, le festival de Dour ne laisse pas le rap de côté. Bien entendu la présence du rappeur Américain NAS a enchanté la foule avec ses titres « Represent » ou « NY State of Mine », mais nous tirons notre coup de chapeau au jeune Irlandais Rejjie Snow, capable de nous bercer avec sa voix perçante, tout en retournant un chapiteau entier au son d’après. En nous jouant une track en collaboration avec le grand Kaytranada, Rejjie nous a enchantés avec un hip-hop qui passe par toutes les émotions. Cela nous a fait oublier l’échec du jeudi où Kaaris et Kalash Criminel jouaient sur la scène Boombox. En effet, 30 minutes après le début du concert Kaaris est monté devant la foule moyennement chauffée par Kalash Criminel, pour reprendre pas mal de sons de son album Goku Gnakouri, dont beaucoup qui se rapprochent du zouk. Heureusement  samedi, Lomepal nous a rafraichi en défendant son nouvel album Flip, et a mis une excellente ambiance avec ses potes Roméo Elvis, Caballero, Jean Jass et autres. Autres représentants du rap francophone, Damso, Vald ou encore Lorenzo ont assuré le show, fidèles à eux même.

Lomepal – © Guillaume Dubois

Nos concerts coups de cœur

Chaque année, plusieurs lives nous mettent une grosse claque, qui nous restent en tête pour toujours. Attendus comme les stars du festival, les Sud-Africains de Die Antwoord ont rayonné sur la Last Arena avec leur hip-hop électronique totalement déjanté. Le même soir, l’excellent Hunee nous a émerveillés avec un set techno qui a basculé vers la disco les 30 dernières minutes, emportant toute la foule avec lui dans une atmosphère ultra chaleureuse.

Petite maison dans la prairie – ©Fabrizio de Patre

Plusieurs femmes étaient à l’honneur sur la grande scène Elektropedia, Nina Kraviz a tenu son rang et nous a livré un set intense devant une foule compacte, Amelie Lens, Charlotte de Witte ou encore The Black Madonna furent à la hauteur de l’événement. Niveau techno, les différentes scènes ont pu trembler sous les ordres de Adam Beyer, Tale of Us, Blawan, Karenn, DJ AZF, Dax J ou encore Dubfire particulièrement en forme. On retiendra le concert impressionnant de la fanfare Meute, les ondes colorées et vintages de Metronomy, le live imposant de Justice ou encore le retour sur scène du grand Wax Tailor accompagné de sa flutiste envoutante. On s’est défoulé sur le concert de Shy Fx, un artiste jungle complet qui compte 25 ans de carrière à son actif, et qui connaît la recette pour retourner un public dans les règles de l’art : avec mc Stamina ils ont donc livré une prestation entre reggae et drum&bass qui nous a époustouflé.

Nina Kraviz – © Brice Delamarche

Enfin le choc pour nous a été de voir l’anglais Wilkinson, véritable machine à tubes de drum&bass, avec son nouveau live, composé d’un guitariste, d’un batteur, deux chanteurs et un mc. Avec un lightshow millimétré, l’anglais nous a proposé un set bluffant alternant entre ses classiques comme « Need To Know » et ses derniers succès, repris entièrement par les instruments. Pour clôturer comme il se doit 5 jours intenses, Manu Le Malin entra en fusion avec les derniers courageux festivaliers dans la bien nommée Caverne. Dans une ambiance sauvage et fraternelle, on a l’impression que l’esprit rave juvénile ne quittera jamais cette plaine.

Last Arena – © Simon Fascilla

Avec 250 000 festivaliers, Dour bat encore une fois des records d’affluence et confirme qu’il est une messe des musiques alternatives inévitable. Difficile de retrouver cette osmose insouciante et inconsciente qui plâne sur un festival qui reviendra l’année prochaine pour ses 30 ans. Un événement à ne pas rater.

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