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Interview : Psaum

Louis Derigon

A l’approche de la prochaine Factory, douzième édition prévue pour le 14 janvier prochain, où l’on retrouvera entre autres Ø [Phase], Milton Bradley mais aussi Cold, nous avons interrogé Psaum, directeur artistique du label La Chinerie, sur ses projets et les influences qui le suivent à travers ses DJ sets, la sortie du premier double vinyle Nation Techno : France et ses affections pour sortir au cœur de Toulouse. De quoi se plonger dans l’atmosphère Psaum avant de le retrouver pleinement le 14 janvier au Bikini.

SE | Pourquoi « Psaum » ? Vous faites référence aux textes poétiques ?

Oui ce nom se base sur ces textes poétiques accompagnés de musique. Cette connotation religieuse me faisait rire étant donné que je ne suis vraiment pas branché religion.

SE | Quel est votre parcours ? Pourquoi la musique ?

Comme une grande partie de ma génération, j’ai découvert la techno en rave et en free party, j’ai ensuite découvert la scène club. J’ai décidé d’apprendre à mixer seul et de forger ma propre culture musicale. Quand on aime à ce point ce type de soirées, organiser des événements, et distiller la musique qu’on aime est un vrai plaisir. Je fais tout ça essentiellement par passion et suis loin de pouvoir en vivre : j’ai un autre travail à côté.

SE | En 2015 on a rencontré La Chinerie. Que faites-vous au sein de ce label ?

Je suis rentré dans La Chinerie peu après ses débuts, je suis aujourd’hui responsable du groupe et je m’occupe de la direction artistique du label techno (avec Alex Rossignol), de l’organisation des soirées et du booking de certains de nos artistes. Actuellement nous sommes une dizaine à gérer Chineurs de Techno, répartis en France et en Europe.

SE | Où avez-vous déjà mixé ?

J’ai mixé dans pas mal de clubs, essentiellement à Toulouse, Lyon, Montpellier et Paris. Je fréquentais surtout les teufs et les raves à mes débuts. Les dates qui m’ont le plus marquées ont été :

Le Oyé Festival en juin dernier au 6B, un lieu magnifique, une vrai scénographie et beaucoup d’artistes « numériques » y a été mise en avant. J’ai aussi eu l’occasion de jouer avant un de mes duos préférés SHXCXCHCXSH et un pote Toulousain Marla Singer.

Le DV1 (club Lyonnais aujourd’hui fermé) pour son ambiance intimiste. C’était aussi nos deux premières teufs « Chineurs de Techno » où nous avions invités Mickey Nox puis Truncate, c’était la première fois qu’on mixait tous ensemble.

Le Monticule Festival, un endroit magique et un des plus beaux festivals que j’ai eu l’occasion de faire. Une vraie expérience, de la musique et un public de qualité dans un cadre idéal.

Le Petit Bain à Paris. Un très beau lieu avec un bon système son. C’était une date assez impressionnante puisqu’Electric Rescue m’a invité en personne pour la soirée d’inauguration du projet « Variations » orchestré par Sourdoreille, autant dire que j’avais la pression.

Le Plat Up (Warehouse), j’ai eu la chance de jouer dans l’unique soirée techno de ce lieu (qui a rapidement fermé) où le collectif Fall Industry m’a invité à jouer avant Answer Code Request. C’était une soirée complètement folle et très rare à Toulouse, on était plus de 1600, la police municipale a dit d’arrêter la soirée, mais rien à faire !

Le Bikini à Toulouse, qui incarne pour moi une des meilleures salles de France et surtout un système son exceptionnel, qui n’a rien à envier aux clubs Parisiens.

SE | Vous revenez de nouveau au Bikini en janvier, cette fois-ci pour jouer aux côtés de Ø [Phase], Milton Bradley. C’était pensable pour vous il y a quelques années ?

Pour moi le Bikini, c’est quelque chose de très spécial. C’est la salle que j’ai le plus fréquentée dans ma jeunesse. C’était forcement impressionnant d’y mixer la première fois, encore plus pour une soirée centrée autour de notre label. Il y a quelques années je n’aurais jamais imaginé y jouer ! En tant que DJ je travaille tous les jours pour être meilleur et perfectionner mes sélections, mais c’est aussi et surtout grâce à la porté d’un projet comme « La Chinerie » que j’ai eu la chance d’accéder à un tel lieu.

SE | Que pensez-vous du public des soirées techno ?

Le public des soirées techno est vraiment différent en fonction des lieux et des soirées. Certains se plaignent de la jeunesse ou de l’aculture musicale de ceux qui fréquentent les clubs de nos jours, suite au boom qu’a connu la techno ces cinq dernières années. Je trouve qu’on a un public génial en comparant d’autres scènes musicales, et certains devraient faire l’effort de se rappeler qu’eux aussi ont été des novices en la matière. Globalement les gens sont souriants, il y a très peu ou pas du tout de bagarres en sortie de club, et les personnes sont là pour danser et se lâcher. Évidemment, il faut sélectionner ses sorties mais je prends toujours autant de plaisir qu’il y a quelques années.

SE | D’où viennent vos influences ?

J’ai écouté beaucoup de hip-hop, de rock en tout genre et de musique classiques. Mais je dirais que ma principale influence vient des bandes-originales de jeux-vidéos et de manga qui ont été pour moi une des principales portes d’entrée vers les musiques électroniques.

Côté techno, James Ruskin, Luke Slater, Regis, Function et Surgeon sont évidemment les premiers artistes qui me viennent en tête. Mon projet personnel étant essentiellement axé (pour l’instant) autour du djing et de la gestion d’un label, j’ai beaucoup d’admiration pour Kr!z, tant pour ses qualités de dj que pour son label « Token », qu’il a créé et entretenu au fil des ans. Deux autres exemples seraient Svreca et Shifted, en plus d’être d’excellents producteurs, gèrent aussi deux des meilleurs labels techno de ces dernières années : Semantica et Avian. C’est dur de ne citer que quelques noms tant le paysage techno est vaste mais voici quelques-unes de mes influences :

SE | Vous vivez sur Toulouse, où faut-il sortir ?

Je suis originaire de cette ville et j’y habite actuellement. Pour moi le meilleur club est sans conteste Le Bikini. J’affectionne particulièrement le Cri de la Mouette, une péniche où l’ambiance est toujours hyper sympa. Au niveau des bars je fréquente souvent L’Episode ou le Connexion ! Toulouse connaît actuellement un sévère manque de clubs de moyenne capacité, mais certains collectifs se bougent pour proposer des évènements alternatifs : Folklore, Ruff Club, La Petite etc. Avec notre collectif Chineurs de Toulouse on va essayer aussi de proposer quelques soirées différentes en 2017 ! Mais les choses vont bouger en 2017, deux nouveaux « clubs » devraient voir le jour.

SE | Quelles sont les prochaines étapes pour toi ?

On vient de sortir le premier double vinyle « Nation Techno : France » avec des pointures comme Voiski, Electric Rescue, Maxime Dangles, AWB, PVNV, Von Grall, Kmyle et mon pote Lebird qui gère la direction artistique du label avec moi. Aussi : on travaille actuellement sur 4 autres sorties vinyles pour 2017.

 

De mon côté j’essaye de travailler sur les prochaines soirées Chineurs de Techno en France et ailleurs ! Ça fait maintenant deux ans que je m’intéresse à la production, maintenant que j’ai plus de temps libre je vais m’y remettre plus sérieusement et commencer un EP. Mais je ne me mets pas la pression, il y a suffisamment de producteurs extrêmement talentueux dans le paysage techno et pour moi, sortir un EP de techno qui ne me ressemblerait pas ne m’intéresse pas.

Le studio de Psaum.

SE | Merci Sami !

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