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Live report : DGTL, un festival à la démesure de Barcelone

Du 12 au 13 août dernier, s’est tenue la deuxième édition barcelonaise du DGTL. Aprés le festival Sonar, ce fut pour nous l’occasion de revenir, avec un plaisir renouvelé, dans la capitale catalane et d’y observer le dernier né des festivals consacré aux musiques électroniques.

À l’instar de son grand frère hollandais le DGTL de BCN annonçait une affiche aussi longue que prestigieuse : Nina Kraviz, Maceo Plex, KiNK, Gardens of God, Agoria, Mano le Though, Gui Borrato, Robert Hood, Ben Klock, Paula Temple, Jeremy Underground, Jamie Jones, Joseph Capriati, Fur Coat, Pan-Pot, Âme (représenté par Kristian Beyer en b2b avec Rødhåd), John Talabot, Marcel Dettman. Bref, une cinquantaine d’artistes d’envergure internationale au total.

Comme en 2015, le festival s’est déroulé au « Parc del Forum » site immense qui fait le bonheur des pratiquants du BMX en temps habituel. Le parc se situe à l’autre bout de ville mais reste facile d’accès par le métro (station El Maresme/Forum). Le festival de 2016 comptait 4 scènes : Stereo, Audio, Digital, et Phono. Tout au long du festival, ces 4 scènes ont affiché une bonne cohérence du point de vue artistique. Nous avons toutefois noté quelques disparités quant à leur sonorisation. Ainsi, la scène Phono, la plus petite et la plus orientée house/dancefloor présentait de petites faiblesses en ce domaine, malgré la structure métallique qui la recouvrait entièrement.

Âme en b2b avec Rødhåd. Crédit : Tim Buiting Photography & Film

Kristian Beyer en b2b avec Rødhåd. Crédit : Tim Buiting Photography & Film

Compte tenu du nombre d’invités, nous n’avons pu assister à tous les sets et ressentons à cet égard un goût d’inachevé, malgré la sur-abondance d’artistes internationaux. En effet, comment choisir entre les performances de Maceo Plex, Pan-Pot et le b2b de Jamie Jones/Joseph Capriati qui se déroulaient en même temps ? Fallait-il écouter l’intégralité d’un set et sacrifier tous les autres ou, au contraire, se résoudre à constamment changer de scène pour voir un maximum d’artistes, au risque de ne jamais apprécier une prestation dans sa totalité ? Tel est le dilemme auquel les authentiques fans de musiques électroniques furent confrontés en permanence durant ces deux jours de festival.

Malgré cette difficulté, nous avons particulièrement aimé le show live de KiNK, avec ce moment phénoménal où il sampla le discours du cultissime track de Mr Finger « Can you feel me ? » sous une house frénétique dont il a le secret.

John Talabot, l’un des locaux du festival, nous a surpris en présentant à l’auditoire une techno mélodieuse, mais dont les sonorités inhabituellement sombres faisaient davantage échos à la musique d’Outre-Rhin, qu’à la côte catalane. Nous avons été très impressionnés par l’atmosphère à la fois apocalyptique et planante du set d’Agoria qui a balancé des beats lourds. Jeremy Underground a régalé son public avec ses nombreux tracks acid house et quelques reprises osées de tubes mainstream.

Vue sur la mer. Crédit : Marty Marn Photography

Vue sur la mer. Crédit : Marty Marn Photography

Sous cette pléthore d’artiste, notre coup de cœur va à Boris Werner. Alors que nous nous apprêtions à aller voir ce que beaucoup de festivaliers considéraient comme la principale affiche du festival, Nina Kraviz, nous sommes restés en totale admiration devant le dj/producteur néerlandais. Proposant un set résolument dancefloor, soigné et terriblement rafraîchissant, il a littéralement provoqué l’extase du public Phono. Ce fut à notre avis, le plus beau set auquel nous avons assisté durant le DGTL.

Crédit : Tim Buiting Photography & Film

Crédit : Tim Buiting Photography & Film

Avec ses deux festivals techno de référence (Sonar et l’IR BCN), nous aurions pu considérer que Barcelone avait atteint ses limites. Or, deux mois après, la ville propose un festival hors norme abritant quatre scènes et qui, pour chacune d’entre-elle, aurait pu faire l’objet d’un festival international. L’événement parvenant à lier sur-abondance et qualité optimale, assister au DGTL de Barcelone équivaut à être convié à un restaurant gastronomique et à y être servi à volonté. Une fois encore, Barcelone démontre qu’elle est à l’image de son architecture : elle ose tout et parvient à surprendre.

Avant de vous quitter, nous vous proposons quelques conseils pour l’année prochaine si l’édition du DGTL Barcelone venait à être maintenue :

Choisissez de préférence un hébergement proche du Parc del Forum. Si le problème ne se pose pas le samedi, le métro fonctionnant toute la nuit, vous éprouverez quelques difficultés les jours de la semaine où il ferme à deux heures (le festival se terminait à trois heures). Il vous restera alors la solution des taxis mais ils sont pris d’assaut par les 15 000 festivaliers ! Pour les fans de musiques électroniques, il est préférable de déterminer un programme au préalable et de s’y tenir afin de ne pas se sentir perdu par le choix qu’offre ce festival hors-norme. En outre, s’il est toujours tentant de voir les plus grosses pointures internationales, n’hésitez pas à sacrifier quelques-uns d’entre eux pour aller assister aux sets d’artistes un peu moins renommés dont les apparitions sont plus rares ou, du moins, plus confidentielles. Enfin, munissez vous d’une bonne paire de sneakers car le site est immense et sans vous en rendre compte, vous allez parcourir des kilomètres auxquels il faudra ajouter vos meilleurs pas de danse, plus encore l’inévitable long chemin aller-retour à pied pour beaucoup d’entre vous.

L’équipe de Soirées Electronique remercie vivement les organisateurs et a déjà hâte de retrouver le festival l’année prochaine. Visca Barcelona i DGTL !

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