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Interview : WhiteLines Concept

A lire : la relève Barcelonaise prend la parole

SE | Pouvez-vous vous présentez ?

Aqu’elito : Je suis Axel et mon nom de scène est Aqu’élito, j’ai 25 ans. Ça fait trois ans que je me suis vraiment lancé dans la musique électronique, c’est-à-dire que j’ai commencé à faire des soirées. J’ai intégré un crew il y a un an sur Toulouse qui s’appelle Candyhouse [ndlr une association Toulousaine bien connue qui organise des événements autour des musiques électroniques]. Je suis aussi dans le crew WhiteLines Concept qui se trouve sur Font Romeu dans les Pyrénées Orientales.

Alex CP : Je me suis intéressé à la musique très tôt, d’abord en tant que guitariste quand j’étais jeune, ensuite j’ai fait de l’ingeneering puis j’ai été en contact avec la musique électronique et la technologie. J’ai commencé à jouer dans des soirées privées entre amis qui m’ont ensuite encouragé. Il y a deux ans, j’ai rejoint un collectif dont Aqu’élito faisait partie. On a commencé à jouer ensemble et c’est là où on a eu de créer l’idée de WhiteLines Concept.

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Dans la bonne ambiance. Photo: Groms Yarrow

SE | Pouvez-vous présenter WhitesLines Concept ?

Alex CP : WhiteLines a commencé lors de fêtes entre amis, on voulait apporter la techno à la montagne et le truc a grandi peu à peu. Aujourd’hui nous essayons d’établir un projet pour nous développer et amener la techno à un public qui n’a pas l’habitude d’en écouter, ou même qui ne l’aime pas parce qu’ils ont des préjugés par rapport à cette musique. On veut ouvrir leurs esprits, on veut les voir danser et s’amuser ! On prévoit de jouer cet été mais pour l’hiver prochain, on prévoit déjà beaucoup d’événements et d’attirer beaucoup d’artistes.

Aqu’élito : Ce que je peux dire, c’est que WhiteLines Concept a été créé avec beaucoup d’envie, on est trois dans ce projet. Il y a « Isa » qui a plutôt le rôle de prometteuse, de bookeuse. Elle s’occupe du travail interne des événements car c’est encore un tout nouveau concept puisqu’il n’a pas encore un an ! Pour l’hiver prochain, on a pour projet de bien grandir et de promouvoir WhiteLines sur les stations de ski.

SE | Vous avez déjà joué dans beaucoup d’endroits, si vous deviez en retenir un lequel serait-ce ?

Aqu’élito : Pour moi c’est bien sûr le Bikini à Toulouse avec sa salle gigantesque, magnifique, un sound system à couper le souffle, c’est une dinguerie totale ! J’ai passé une heure et demie aux commandes des platines là-bas et jamais je n’oublierai. C’était tellement puissant, émotionnel, j’étais en train de mixer tout en étant dans un autre monde. C’est un sound system de fou, l’ambiance aussi, mais toutes les soirées Candyhouse qu’on a pu faire au Bikini ont toujours été une réussite totale, les personnes sont trop dans la vibes, le respect de la musique, le respect des autres, c’est ce qui fait la beauté de ces soirées « Sense project » qu’on a fait au Bikini avec CandyHous. D’ailleurs Alex CP est venu me soutenir devant Stephan Bodzin.

Alex CP : Juste un événement ? Il y en a eu tellement ! Pour moi l’événement le plus marquant serait celui qu’on a organisé avec WhiteLines à la fin du mois d’Avril, le closing de la saison. On avait vraiment l’impression d’avoir accompli notre mission, c’est-à-dire d’apporter la techno aux personnes qui n’aimaient pas cette musique ! Finalement, ils sont venus nous voir jouer ! Ça nous a aussi permis de rencontrer des tas d’artistes impliqués dans la musique, notamment les gars de Candyhouse, des dj de Barcelone aussi. J’ai clôturé cet événement, je faisais le dernier set des 14 dj sets que nous avions ce soir là. Pour moi, ça a été un plaisir de faire cette clôture parce que c’était une nuit incroyable. Aujourd’hui encore, des personnes de Barcelone et du sud de la France m’arrêtent et me disent : « Vous avez fait la plus grosse fête qu’on ait vécue ».

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Stephan Bodzin lors de Senses Project organisé par Candy House. Photo : Guénael De Kermel

 SE | Comment sont vos sets et votre style de musique ?

Aqu’élito : Je suis plus porté vers la techno progressive. C’est plus un mélange de techno et de deep, c’est une techno lente et profonde mais qui peut te faire vibrer sans avoir à faire des kicks mais au moment où ils arrivent, tu exploses. Donc mes sets sont comme ça, je commence souvent par du très lent, je peux même jouer en introduction un morceau trapmusic et j’intensifie peu à peu la chose.

Alex CP : J’ai beaucoup d’influences. J’ai commencé par de la techno minimale puis j’ai été très influencé par Plastikman (Richie Hawtin), mais maintenant je me tourne plus vers une techno plus mélodique, plus lente, avec des basses sombres et des gros kicks que j’utilise souvent comme basse. J’aime vraiment le son de la basse mais je veux aussi rendre la dark techno plus mélodique pas seulement faire du groove, du « kick and snare », j’essaie de faire communiquer mes émotions à la foule. Aujourd’hui mes influences seraient plutôt Maceo Plex et beaucoup d’autres musiques underground mais assez dark dans l’ensemble.

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Aqu’élito durant un set. Photo: Groms Yarrow

SE | Vous jouez en France et en Espagne, ressentez-vous des différences entre les deux publics ?

Aqu’élito : Tout dépend ! Moi je trouve qu’en France chaque ville a sa culture musicale en fait, sa manière de voir la musique électronique. Tu vas jouer sur Perpignan, le public est dans le genre « minimaliste ». Sur Toulouse il y a cette scène-là aussi mais c’est une ville étudiante, sur un événement techno, il y a beaucoup de personnes qui viennent juste pour l’artiste. Ensuite, il y a la Cerdagne (située dans l’est du massif des Pyrénées), là on on joue pour Whitelines Concept, le public est vraiment chaud car ce sont les saisonniers qui attendent que ça. On fait un événement par mois donc le jour « J », c’est la folie. Sur Barcelone, l’ambiance est indescriptible, on voit que les personnes sont vraiment des passionnées de musique.

Alex CP : Bien sûr que je ressens une différence entre les deux publics. En Espagne, les personnes adorent faire la fête avant tout et peu importe la musique. En Espagne, les patrons de clubs se soucient plus de savoir combien d’alcool a été consommé au lieu d’organiser des événements culturels. Des festivals comme le Sonar encouragent la culture, mais globalement, je pense qu’il reste beaucoup de choses à faire surtout si l’on compare l’Espagne avec le reste de l’Europe. En France, les personnes n’hésitent pas à prendre la voiture et faire plus de 100 kilomètres. C’est quelque chose que tu ne vois pas en Espagne, ou très peu de personnes le font. Il y a plus cette passion pour la musique chez vous, que en Espagne ou à Barcelone.

Aqu’élito : En fait, ce n’est pas la même chose. Alex est natif de Barcelone, il a toujours vécu ici, il a commencé la musique électronique ici. Donc c’est une vision différente de la mienne. J’ai joué et je sors beaucoup à Barcelone, j’ai fait les Sonar. Je m’y suis installé depuis juillet donc on va voir comment ça se passe mais comme je vous disais, à Barcelone, les personnes connaissent la musique et en plus c’est une culture de la fête. Barcelone, c’est une culture de la fête, c’est clair !

SE | Quelles sont les difficultés pour organiser des événements ?

Alex CP : Organiser des événements dans les clubs impliquent la confiance des patrons de clubs, il faut qu’ils te disent « Ok, on fait confiance à ta musique, à ton projet, je vais de donner les moyens de réaliser ton événement. ». J’ai fait un peu le tour de la question et la plupart du temps c’est plutôt « Comment se porte le bar ? Je m’en fous de ce que tu joues. ». C’est comme ça que je vois les choses en Espagne et en France aussi et c’est peut-être même pire en France ! C’est ça le principal problème quand on veut promouvoir de nouveaux artistes, de nouveaux dj et bien sûr quand on joue à l’extérieur, trouver un bon endroit, monter un bon sound system. Le problème c’est que trop de personnes promeuvent la musique comme un élément de la fête et non comme un élément culturel, c’est la principale chose qu’il faut changer.

Aqu’élito : On a des difficultés sur tout ce qui concerne la location, trouver les bonnes personnes, le bon matériel. Ce sont des choses difficiles à trouver et ça marche avec les contacts en fait, si t’as pas de contacts dans ce milieu, t’avances pas.

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Alex CP bien accompagné. Photo: Groms Yarrow

SE | Le futur de WhiteLines Concept, vos projets ?

Aqu’élito : Comme on a pu le dire, on compte monter des projets en partenariat avec les stations de ski. Pour l’hiver on compte faire nos événements à la Lua, le bar qui se trouve à l’Aigua, le club dans lequel on a monté nos événements tout l’hiver dernier. On compte grandir comme il faut et pour l’hiver prochain on a pour objectif, si tout se passe bien, de faire un bon booking.

Alex CP : Il faut maintenant évoluer sur quelque chose qui soit un peu plus professionnel, de soigner le décor, d’avoir un bon système sonore, d’apporter de la qualité dans le fun pour attirer de nouvelles personnes. Mais aussi à l’intérieur de WhiteLines Concept afin développer des projets plus personnels.

SE | Des choses à ajouter avant qu’on se sépare ?

Aqu’elito : Enjoy music and life !

Alex CP : Continuez toujours à écouter de nouvelles musiques, soyez toujours curieux, écoutez les vieux trucs même en dehors de la musique électronique.

SE | Pourquoi ? Vous souhaitez revenir à la guitare ? (rires)

Alex CP : J’y pense vraiment, la guitare a eu une grande influence chez moi et je suis guitariste aussi, ça serait génial de jouer de la guitare avec à coté une mini console.

SE | Merci Aqu’elito et Alex CP

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