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La Peacock Society « Winter », c’était comment ?

Après avoir fait ses preuves au terme de trois éditions successives, Peacock Society a fini par rejoindre le format des administrateurs de Concrete et de leurs Weather saisonnières avec l’organisation de la Peacock Winter pour la première fois le 30 janvier 2016.

Une fois n’est pas coutume, la soirée s’est tenue dans le vaste Parc Floral de Vincennes, hangar vitré bien loin de la sueur en condensation dégoulinante du Paris Event Center. Avec ses trois scènes et sa programmation diversifiée, la Peacock a su convier plus de 10 000 festivaliers aux oreilles éclectiques et passionnées. Pour cette édition hivernale, le crew s’est également doté d’innovations bien pensées avec la proposition d’une salle consacrée à des documentaires et conférences sur la présence des musiques électroniques dans notre quotidien ; et , plus encore, d’un système de casiers pour protéger ses affaires d’importance et ranger les sacs et menteaux encombrants. De quoi faire oublier l’absence de transats en extérieur !

21h L’antre festive vient d’ouvrir ses portes et le troupeau d’impatients se promène dans la Warehouse sur le démarrage entraînant et agité de Clara 3000. L’occasion de s’échauffer posément sur le balancement superposé qui résonne jusque dans les recoins bétonneux. La jeune DJ sait reproduire avec style une ambiance enjouée empreinte d’expérience et de savoir-faire à laquelle il manque toutefois l’expérimentation aventureuse, ce piquant d’originalité saisissante. Les toilettes à la sèche, les gobelets éco-cups et la carte cashless témoignent de l’investissement dans les préparatifs de l’événement. En réalisant cela, l’orga témoigne de son inscription dans le monde de demain tout en assurant la fiabilité et le respect envers le festivalier. La vigilance détendue et amicale favorise l’atmosphère bon enfant et souriante qui se dégage au moment des croisements de chemin et interactions dansantes.

22h Il est temps de découvrir un peu le reste des lieux, de se balader dans l’aire extérieure encadrée d’arbustes et de minéraux, de voguer dans l’espace nocturne ravivé ce soir-là par les éclairages aux lumières bleutées, violacées et orangées qui rappellent les lointaines aurores boréales des terres glacées de l’hiver polaire. Les techniciens et Nathan Melja inaugurent l’harmonisation des platines et de son univers sonore cosmique dans la Squarehouse. Arte peut commencer la rediffusion en direct de la teuf avec l’ouverture du set de Zombie Zombie et ses titres chantants, aux sonorités alternatives et battantes. Les sets de Zombie Zombie, Danny Daze et Daniel Avery sont d’ailleurs disponibles pour votre plus grand plaisir depuis le Tumblr de Peacock Society.

23h C’est l’heure de reprendre un peu d’air frais et de nicotine tubéisée, un parfait petit remontant excitant pour la proche arrivée de Danny Daze aux commandes de la Warehouse.

Ses basses grasses et lancinantes apaisent les passions autant qu’elles les déchaînent dans un torrent délicat et maîtrisé. A la douceur succède le caractère électrifiant et dynamique de ses mélodies revivifiantes. C’est ensuite l’hystérie des percussions et des claviers, à la fois nonchalante et survoltée. Puis ce sont les soubresauts électriques maintenus dans un mouvement d’approfondissement mélodique. Les vocales viennent rythmer l’envoûtement instrumental dirigé avec énergie attentive. Danny Daze aura livré le set le plus subtil et retentisant de la soirée, grâce à une technicité calme et savante,une ambiance tonitruante et éloquente. Les relents house sont développés, appesantis, pressurisés et approfondis pour plus d’énergie.

1H Levon Vincent ouvre son set assez calibré et évident au coeur de la Squarehouse, rien de très excitant dans ces sonorités classiques et répétiives, qui lassent aussi vite les oreilles que les muscles échauffés. L’occasion d’aller voir du côté du Ciné-Club où les artistes de la Line-Up en révèlent un peu plus sur leurs musicalités et leur amour de la musique. Il faut avouer que l’intérêt laisse vite place à l’envie de rejoindre la naturelle sociabilité affective qui prend place dans l’espace extérieur de détente par la conversation avant de se témoigner plus franchement par l’engouement généralisé et corporalisé.

Daphni sert de bon intermédiaire pour mieux faire attendre l’entrée en jeu de Daniel Avery et ses rythmicités futuristes.

 

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2h30 On quitte la mélancolie nostalgique révélatrice et apaisante de la house classique pour entrer dans ses strates nervurisées et soupesées. La musique redonne la pêche et la chaleur dans cette froide nuit d’hiver ! Il est bon de venir se réchauffer tous ensemble dans un élan communautaire, de venir profiter d’un instant de liberté festive et de communications amicales ! Daniel Avery revisite des tracks célèbres qui rehaussent encore la qualité de la production momentanée. Les membres s’agitent dans cette tonitruante réussite électrique. Une véritable tempête de mélodies et de sonorités qui parcourent l’enceinte bétonneuse et vitrée. La puissance musicale ne s’inquiète pas des piliers : ils servent à sa diffusion dans l’espace, réglementée et agrémentée par les ingénieurs à leurs claviers et appareils monumentaux.

Un grand nombre de bénévoles permet de répondre rapidement et facilement aux besoins des festivaliers qui ont désormais rempli le lieu. On respire tout de même comme il faut, assez de distance par rapport aux autres, suffisamment d’espace pour danser aux mètres carrés. On regrette quand même l’impossibilité laissée aux mecs de s’approcher du point d’eau pour se rincer les mains ou le visage ! Motor City Drum Ensemble n’est pas parvenu à rivaliser avec Daniel Avery, son set trop proche de l’EDM nourrie à la disco facile.

4h C’est le moment de découvrir la troisième scène, située dans la partie Night-Club, dans un bâtiment annexe à l’entrepôt principal.

Matrixxman révèle une puissance carburée aux basses violentes et énervées, avec un BPM mis en furie et surexploité. On se retrouve entouré d’adorateurs de la techno pure et dure qui balancent chacun de leurs membres avec une énergie forte et contrôlée. C’est ensuite le tour d’Eric Cloutier qui revitalise encore les corps par la violence sonique et vibrative qui bouleverse la pièce. Plus forte que des boissons énergisantes, la techno industrielle relance le corps dans son dynamisme jovial.

peacock society soireeselectroniques.jpg5h DJ Koze livre la dernière partie laissée par la Timetable dans la poursuite des festivités par des mélodies graves et bourdonnantes dignes de la meilleure des deep house. Theo Parrish investit les lieux pour la clôture de l’événement, il reste encore 1h30 de musique éperdue pour les derniers désireux de musique électronique. On ne s’aventure plus du côté de la Squarehouse pas suffisamment expérimentale ni originale dans ses conduites du son : on y préfère la plus grande scène aux allures de temple rituel. Les dernières tracks sont toujours vibrotantes et prolongées.

7h Le lieu se vide peu à peu, chacun récupère ses affaires dans la délicatesse au niveau des casiers et la majorité des festivaliers chemine avec nonchalance vers le métro. La foule épuisée s’ordonne naturellement en rangées pour ne pas gêner et les discussions viennent animer le retour au quotidien avant la prochaine soirée.

Avec son édition Winter, Peacock Society aura séduit et animé la vie nocturne du Grand Paris. Une vraie teuf qui s’inscrit avec talent dans la course actuelle des raves dans des espaces immenses et des lieux monumentaux. Une organisation talentueuse et appréciable qui favorise la bonne entente des festivaliers et les souvenirs heureux. L’été n’est pas très loin, où on pourra refouler le sol du Parc Floral.

1 Comment

1 Comment

  1. Arthur P.

    16 février 2016 at 1 h 32 min

    C’est chiant et redondant. Faut arrêter avec les adjectifs tous les trois mots, gars.

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